Loading Events

Pourquoi l’immigration en 21 questions

Du 23 mars au 13 avril2022
OYOU
Grand-Marchin 4
Marchin, 4500
De 14H00 à 18H00
Gratuit
 

Il y a 75 ans, le 23 juin 1946, la Belgique et lItalie signaient les accords du charbon. Ces ententes économiques convenaient denvoyer 200 kilos de charbon vers la péninsule par ressortissant italien, âgé de maximum 35 ans, qui sengagerait à descendre dans nos mines pour une durée de cinq ans minimum. Durant laprès-guerre, dans les charbonnages wallons, le besoin de bras peine à être comblé pour répondre à limportante consommation de charbon que nécessite la reconstruction. Le marché de lemploi sature, et les ouvriers belges préfèrent se tourner vers dautres secteurs, un peu moins difficiles. LItalie, quant à elle, est exsangue. Pour assurer son approvisionnement en ressources énergétiques, elle troque sa main d’œuvre jeune, qui rêve dun peu de confort, contre ces ressources fossiles.

 

Chez nous, laccueil nest pas des plus chaleureux. Ce sont des baraquements, occupés précédemment par les prisonniers allemands, qui les attendent ainsi quun travail dangereux et pénible. Pourtant, cela marque le début dune importante migration italienne. Il faut attendre la catastrophe de Marcinelle, le 8 août 1956, qui a coûté la vie à 262 mineurs, dont 136 Italiens, pour mettre fin aux accords bilatéraux. Toutefois, lespoir dun avenir meilleur encouragera de nombreux Italiens à venir chercher du travail dans nos usines pendant encore de nombreuses années.

 

Jusque dans les années 1970, à Marchin, les entreprises sidérurgiques de la vallée engagent ces travailleurs étrangers. Ils proviennent principalement de deux villages du Nord de lItalie, Mel et Andreïs, et de deux villages du Sud, Vico Del Gargano et Campobaso. Aujourdhui, commémorer cette histoire a pris des allures de fêtes. La commune de Marchin senorgueillit du fait quune partie non négligeable de sa population, environ un sixième, soit issue de cet afflux de migrants. Cela a participé à forger son identité mixte si particulière, mi rurale, mi ouvrière et aujourdhui, à affirmer sa volonté d’être considérée comme terre daccueil.

 

Dailleurs dans son passé, Marchin a été une destination dexil pour dautres populations comme en juin 1937, lorsquune centaine de réfugiés espagnols républicains fuyant le régime franquiste trouvent refuge dans lancien château du Fourneau, alors sanatorium militaire, situé dans le parc de lAthénée Royal Prince Baudouin. De 1939 à septembre 1940, le château accueille des réfugiés juifs dAllemagne, de Pologne ou dAutriche qui fuient la violence des nazis.

 

Aujourdhui, les pays dorigine et les histoires des migrants poussés sur les routes sont différents.  La commune perpétue cette tâche dhospitalité en accueillant des personnes provenant dAsie Centrale, dAfrique, du Moyen Orient, des Balkans et dEurope de lEst, fuyant la guerre ou les persécutions. Depuis 2002, le CPAS de Marchin met à disposition des logements conventionnés pour des demandeurs de protection internationale, en attente de statut de réfugié politique délivré par l’État belge. Actuellement, les 23 places daccueil proposées sont principalement occupées par des Syriens. Dans cette perspective, en 2021, Marchin a signé la charte « Territoire interculturel » avec le CRIPEL (Centre Régional pour lIntégration des Personnes Étrangères). Par là, elle sengage notamment à rejeter toute forme de communautarisation, ghettoïsation ou discrimination. Elle cherche à développer le dialogue interculturel et intergénérationnel.

 

Autour de la commémoration des 75 ans des accords du charbon, le Comité de Jumelage, le service Seniors et Égalité des Chances, le Plan de Cohésion Sociale, le CPAS et OYOU vont proposer un ensemble de manifestations. À travers des expositions, des animations et des débats, l’équipe OYOU propose de vous interroger sur ces notions dhospitalité et daccueil. Comment déjouer les clichés véhiculés autour de la question migratoire ? Comment dialoguer, entraider et intégrer à notre quotidien ces familles venues de loin ? Intéressons-nous à leur histoire, à leurs souffrances et aux difficultés rencontrées.

 

Pourquoi limmigration, en 21 questions : une exposition pour comprendre et débattre proposée par le CRIPEL 

 

Combien y a-t-il dimmigrés en Belgique ? Occupent-ils les emplois des Belges ? Sont-ils intégrés ? Peut-on fermer les frontières ? Lexposition présente au grand public les réponses claires et concises que font Jean-Michel Lafleur et Abdelsam Marfouk dans leur ouvrage du même titre. De manière ludique et pédagogique, le livre a été retranscris en 26 rolls-up.

 

Suite aux résultats de sondages et denquêtes, lopinion des belges sur des thèmes tels que limpact économique de limmigration, lintégration, la fermeture des frontières, les liens entre migration et criminalité est présentée. Une réponse est ensuite proposée à chacune de ces questions sur base de données scientifiques. Lexposition permettra à chacun de se forger une opinion et de participer de façon constructive aux débats sur limmigration.

 

Une collaboration entre le Centre d’études de lethnicité et des migrations (CEDEM) de lUniversité de Liège, les Grignoux et le CRIPEL.

 

Exposition Pourquoi limmigration, en 21 questions
Salles d'exposition OYOU
Grand Marchin, 4

4570 Marchin

 

Soirée-débat le vendredi 25.03 au Bistro

Animations tous les jours sur demande : anne@oyou.be
(0)85 41 35 38